Biographie

"Je comprends tout maintenant:
Vous êtes un pantoum vivant !"

Paul Amar, journaliste, lors d'un entretien sur Paris Première en 1999.
(ndlr: Un pantoum est un poème dont les vers expriment des idées différentes mais riment ensemble et assemblent donc les idées par le son.)


Le premier album (1979)

Le début, raconté par Jean-Louis Foulquier, animateur des émissions musicales sur France Inter:
"Franck Thomas, parolier, m'apporte un jour le disque souple d'un jeune chanteur. 'Je ne comprends plus rien à ce métier. Les maisons de disques ne veulent pas sortir ce mec.' Ce n'est pas la première fois qu'on me fait le coup, mais ce jour-là sans attendre je mets le disque sur la platine de mon bureau. Le soir même et sans justification je diffuse l'album et en fais mon disque de la semaine. Je suis simplement totalement retourné par les chansons de ce mec dont je ne sais rien. Ces chansons sont de la trempe de Léo Ferré. Et puis, il y a cette voix venue de nulle part qui vient sournoisement miauler au fond de mes oreilles, un phrasé qui lacère jusqu'au sang un coeur qui pourtant en a entendu bien d'autres. Le courrier des auditeurs atteint rapidement la centaine de lettres quotidiennes, enthousiastes, on se reconnaît. C'est un plébiscite."

L'album "Rentre chez toi" sort peu après.


L'ami Léo

"Je ne sais pas grand chose de précis. Jamais à part certaines sollicitudes de l'amour, de la rage aussi, des fois, et de la mort quand elle nous semble être secourable.
Venu d'un temps indécis, porté par un vent d'outre-saison, les cheveux sur la musique, la tête penchée sur la guitare, j'ai vu Lalanne en décembre 80 à une répétition. Il devait me voir aussi mais sans doute la timidité me voilait à lui. Je pensais qu'il ne me connaissait pas. Quelque temps après, un soir, au Théâtre du Creusot, il interrompait son tour de chant pendant une heure, en faisant brancher dans la salle l'émission radio à laquelle je participais à Paris.
Je n'ai jamais connu une pareille complicité fraternelle, un tel génie dans la désinvolture, un tel entêtement dans l'agression. Son public ce soir-là, a dû le trouver génial, désinvolte et têtu. (...)
Avant de mourir, j'aimerais bien dire à cet oiseau de scène qu'il est mon frère. Lalanne, longs cheveux comme un vent d'outre-saison, yeux rivés à une star fidèle, qu'il me croie fidèle, et pour la vie et pour la mort.

Salut Francis. Chante, seul et dans la lumiére noire. Ta lumière. La mienne aussi.
Je t'embrasse."

Léo Ferré, 1982

"Je pensais à cette phrase que tu dis tout le temps: 'On est seul, on naît seul, on crève seul.' Je pensais que tu avais raison et tôrt en même temps, comme tout les gens qui savent et qui ne veulent pas faire partie des sages; tu sais, les anarchistes. Grâce à toi, Léo, je n'ai jamais été seul, même au plus noir de mes détresses. Ta voix, tes poèmes, ta musique étaient là pour marcher près de moi dans le parc de ma solitude; dans ce vieux parc solitaire et glacé, il y avait toi, Léo, pour faire deux formes avec toi. Ça existe, ça, Léo, tu sais, et c'est fantastique. C'est bien plus fort que l'amour, ça ne finit jamais ... "

"Les carnets de Lucifer"

(voir aussi "Pollen", 1986)
La famille

Le 8 août 1958 naît à Bayonne Francis J. Lalanne. Il a failli naître dans un avion qui venait de Jordanie où son père, Francis Lalanne, d'origine béarnais et basque, fonctionnaire international aux Nations Unies, était en poste. Sa mère, uruguayenne d'origine libanais, accompagnait son oncle, José Aïub Manzor, poète et ambassadeur d'Uruguay au Liban.

Le petit Francis aura deux frères, René et Jean-Felix.
Francis passe une partie de son enfance en Uruguay lui permettant ainsi de bien maîtriser la langue espagnole. Puis la famille s'installe à Marseille.
Aujourd'hui, René Manzor est scénariste et réalisateur. Jean-Félix Lalanne est guitariste et compositeur.

Francis Lalanne habite près de Paris, avec sa compagne Stella Sulak et leurs trois filles Ea, Hélia et Séléna.

Le tout dernier est Néokahn, né le 26 juin 2007: "J'ai vu d'abord les cheveux de Néokahn, son visage, ses épaules... et surtout j'ai vu ses yeux... J'ai perdu mon père dernièrement, j'ai eu l'impression que c'était lui qui me regardait, son regard venait d'ailleurs. J'ai vécu un moment d'amour absolu." (F.L. pour "Gala")

Toi tu crois aux fées aux licornes
Aux dragons et aux poupées
Qu'il suffit qu'une cloche sonne
Pour que les hommes vivent en paix
Que l'étoile qui brille même
Quand les autres ne brillent pas
Le fait juste pour te dire je t'aime
Et qu'elle ne brille que pour toi

Et moi
Je devrais te dire mon ange
Que ces choses n'existent pas
Mais je ne peux te donner le change
Car je suis comme toi moi j'y crois

Toi tu crois que rien n'est légende
Que l'on voit tout ce que l'on croit
Que l'on peut s'envoler dans sa chambre
Avec tous les oiseaux des bois
Que la mort n'est qu'une mégère
Et qu'il suffit pour la chasser
De se mettre un p'tit peu en colère
Et de lui dire de s'en aller

Et moi
Je devrais te dire sois forte
Un jour elle va nous emporter
Mais comment te parler de la sorte
En toi je vois l'éternité
...

("Séléna"/"D'une vie à l'autre")